Voici quelques mots que j’écrivais le 1er Juin 2016, sur un blog que j’avais nouvellement créé dans l’idée de délaisser celui-ci.  C’est que dans ce qui tourmente notre âme, nous avons parfois l’envie de nous cacher, de ne laisser personne nous voir dans cet état de faiblesse (en tout cas, personne de trop familier et surtout pas ceux qui auraient pu contribuer à nos maux). Après de longues réflexions, je finis par conclure que cela ne servait à rien de fuire ce qui nous hantait. Il faut s’accorder le courage de faire face. Alors j’y reviens et partage ces mots ici en gardant l’idée d’écriture participative. D’ailleurs, je vais poster sous peu un texte écrit avec d’autres superbes sœurettes in sha’a llahu. 
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Aujourd’hui j’ai l’envie d’écrire. Cela faisait un moment. Cela fait des heures que j’enchaine des petites lettres sur un vieux papier brouillon. De simples mots. Puis des phrases. Une nouvelle aventure ? Un nouveau blog ? Mais dans quel but ? Tout laisser derrière moi. Ce que j’ai pu accomplir par le passé, les causes, les luttes, les écrits. Fermer un de ces livres pour en commencer un autre.

La vérité est que je suffoque en moi. Ma poitrine est serrée, ma respiration saccadée. Je ressens une véritable souffrance psychologique, l’accumulation de tout petits coups du destin qui ensemble ont réussi à creuser un réel trou en mon âme. Ces choses là doivent être traitées au fur et à mesure. On ne doit pas repousser, on ne doit pas ignorer. Quel que soit le moyen auquel l’on veut recourir pour se soigner, il faut le faire.

L’écriture a toujours été pour moi un exutoire. Pourtant, durant de trop longs mois – qui sont vite devenus des années – je n’ai usé de la plume.

« Sa vie, il a toujours désiré l’employer à servir. Servir le Vrai, servir de nobles et grandes causes. Combattre, pour les siens. Dans l’innocence et la détermination, il se lança alors, le sabre à la main droite, pour faire face à l’ennemi. Il put ainsi passer quelques tempêtes, jusqu’à ce qu’une flèche le touche en plein coeur. Mais ce n’était pas de ces flèches qui vous ôtent la vie, non. C’était une flèche paralysante, venue meurtrir son âme.
Notre combattant était entier, aucune blessure en externe ; et pourtant, il n’était plus capable de bien tenir son sabre entre ses mains, il ne volait plus avec la légèreté d’une feuille face aux déchaînements des vents.
Il lui semblait alors voir le monde sous un nouveau jour. Témoin et non plus acteur des batailles qui se menaient, tout lui semblait désormais différent.
Une rupture s’était formée entre ces deux mondes et il ne savait plus comment retrouver le chemin. »

J’écrivais ce court paragraphe en Décembre 2015, une tentative de renouer avec la plume, ce sabre qui fut arraché au petit guerrier de lumière. Mais la bataille s’arrêtait là. Même le petit guerrier était privé de l’associée qui lui donnait vie et forme. Mais me voilà. Me revoilà. Je me lance. Pour combien de temps ? Quand, à nouveau, vais-je disparaître ? Je l’ignore. A vrai dire, cela n’a pas la moindre importance. Il nous faut apprendre à être du présent. Alors à l’instant, j’écris. Ce qui se passera plus tard n’est pas de mon ressort. Qui me lira ou non, qui me répondra ou non, cela non plus n’est pas de mon ressort.

La qualité des écrits, leur contenu, tout cela ne pourra qu’être le reflet de ma personne. Pas de grand art donc. Ils ne pourront être qu’aussi simples que je le suis. Il ne faut pas avoir peur de donner ce que l’on a. Il ne faut pas avoir peur de créer, de se découvrir. Si vous aussi souhaitez écrire, si vous aussi en avez le besoin, surtout ne vous retenez pas en comparant votre plume à celle d’un-e autre. Non. Vous êtes uniques. Aussi, ce que vous avez à offrir est unique. Et tous, nous en avons besoin. De vous nous avons besoin. Lancez-vous, sortez de votre bulle. Soignez-vous, soignons-nous mutuellement.

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© Photo : Asiyah Aly.

Il nous faut sortir de notre petite coque de noix, orienter notre regard vers la lumière et sentir toute la fraîcheur du monde qui s’offre à nous hors de notre zone de confort. Il faut faire des choses un peu étranges, jamais mauvaises, mais qui parfois nous dépassent, pour réaliser que nous sommes en vie et avons la force de nous battre, encore, même si elle nous échappe.

C’est donc ce que je m’accorde de faire à travers ce blog. Mais comme j’aime à me rendre utile, j’apprécierais que cette aventure ne soit pas juste la mienne, mais la nôtre. Aussi j’essaierai, selon le temps et ma force intérieure, de proposer des petits ateliers écritures. D’ailleurs, si vous désirez écrire, vous pouvez me contacter et je me ferai joie de poster votre texte ici. 

En attendant, ce premier article est mon premier petit pas vers le mieux. Recevez à travers mes mots un timide sourire et ma gratitude pour avoir partagé avec moi cet instant.

~ Bon voyage à vous et en vous…~

Faqiirah A.

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