21 Mars 2015. Que dire ? Que faire ? Nous ressentons à nouveau ce douloureux sentiment d’impuissance. Nous sommes témoins d’une époque où l’histoire est écrite à l’encre de l’injustice.

Il y a quelques jours, nous apprenions la manière honteuse dont était traité un couple d’humanitaires, par le Gouvernement britannique. Depuis 2012, ils sont installés au Nord de la Syrie, où ils s’occupent de camps de réfugiés pour veuves et orphelins, mettent en place des écoles et organisent la livraison d’aides humanitaires dans les régions les plus repoussées de Syrie. Leur sublime travail, qui se veut des plus transparents, est reconnu par le peuple syrien pour qui ils sont devenus source de joie et d’espoir.

Tauqir Sharif avec les enfants syriens.
Tauqir Sharif avec les enfants syriens.

Mais voilà qu’au lieu d’encourager de telles œuvres de bien, la Grande-Bretagne semble vouloir leur mener la vie dure. En effet, le couple qui depuis quelques mois est devenu parent d’une petite fille, s’est vu refuser un passeport britannique pour leur enfant. Ils avaient pourtant pris les mesures nécessaires pour éviter toute difficulté, comme en témoigne Tauqir Sharif, le jeune père :

« Nous nous assurâmes qu’elle naisse en Turquie afin qu’elle possède un certificat de naissance correcte. Nous fîmes tout ce qu’il fallait, nous fîmes traduire les formulaires et après cela nous n’eûmes aucune nouvelle du Bureau des passeports. Après deux mois je décidai de les appeler et ils me dirent que quelqu’un allait me rappeler dans la semaine. Personne ne rappela. J’ai dû les appeler une trentaine de fois jusqu’à ce que je me dise : « Cela ne mène nulle part. » Je me rendis au Consulat d’Istanbul, mais ils me dirent de contacter le Bureau des passeports. Je finis par recevoir un email m’informant que la signature sur les formulaires que j’avais envoyés était en dehors de la case. Il me fallut huit mois pour obtenir une réponse quelconque et voilà qu’ils voulaient que je refasse toute la démarche. »

Tauqir Sharif insiste sur le fait qu’il avait bien signé à l’intérieur de la case, étant donné que le formulaire l’indiquait clairement. Tout cela est donc lié au harcèlement dont il faisait l’objet par les services de sécurité.

Aujourd’hui, son épouse a reçu des messages intimidants de la part d’un journaliste du Sunday Times, sous le nom de Dipesh Gadher, qui lui affirma que son époux s’était vu retirer son passeport britannique et que dans l’hypothèse où ils se feraient tuer par les bombardements de la coalition, le Gouvernement britannique ne serait pas responsable pour eux. Il finit par lui dire que le Sunday Times allait publier demain un article relatant qu’ils auraient été déchus de la citoyenneté britannique, ce dont ils n’ont pourtant reçu aucune preuve ni informations.

Messages intimidants de "Dipesh Gadher" se présentant comme Journaliste au Sunday Times.
Messages intimidants de « Dipesh Gadher » se présentant comme Journaliste au Sunday Times.

Dans la situation actuelle, ils se retrouvent sans lieu de retraite, clairement abandonnés pour leur élan d’altruisme et de bonté.

Avec tout cela, aujourd’hui nous reçûmes la triste nouvelle qu’un de nos frères de France s’était fait arrêter, alors qu’il voulait simplement apporter aide et soutien aux réfugiés syriens en exil. Consacrer de son temps pour apporter un peu de sourires et de soulagement à ceux qui se sentent, à juste titre, oubliés, devrait être un acte reconnu pour sa beauté et non entâché de suspicion et de méfiance.

Il faut que nos gouvernements comprennent que les humanitaires ne sont pas les ennemis du peuple, bien au contraire, et qu’il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac…

Nous implorons le Seigneur de le libérer au plus vite ainsi que les trop nombreuses personnes se trouvant dans ce cas et nous Le prions également de faciliter toute chose à notre frère Tauqir Sharif et sa famille.

Malgré les difficultés qu’ils subissent, que nos frères et soeurs se réjouissent d’être parmi les acteurs humains et positifs de l’histoire ! Et nous en témoignons.

***

La question demeure de savoir pourquoi – alors que la Communauté Internationale ne fait rien pour venir en aide aux syriens – tous ceux qui décident de les aider sont freinés, arrêtés voire même mis en danger ? A-t-on tellement perdu le sens de l’entraide et du partage ? Ou les jugements diffèrent-ils selon l’identité de celui qui vient en aide ainsi que celle de la victime ?

Nos gouvernements doivent-ils être excusés de ces harcèlements à répétition et de ces propagandes mensongères dont les médias de masse se font les heureux relais ?

Sommes-nous témoins d’un effort mondial pour mettre fin à toute humanité qui résiderait encore en l’homme ? (Car à ce niveau, rien à dire… les efforts sont fait pour bien nous endormir !)

Seul le temps nous le dira. Mais en attendant, faisons ce qui est en notre pouvoir : informons, dénonçons, et prions le Tout-Puissant pour assister tout innocent dans ce monde chaotique. Nous sommes impuissants, certes, mais en nous dirigeant et revenant à Lui, nous parviendrons à quelque chose… par Son Soutien.

~ Peace’n’fight ! ~

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