S’oublier.
Car nous connaissons tous des moments de profondes douleurs, de profondes remises en question, de bousculades et de tristesse.

S’oublier.
Car ce bonheur après lequel nous courrons ne se trouve pas toujours être l’objet de nos poursuites. Nous nous épuisons à essayer de l’attraper, alors qu’il se trouve juste là, ne demandant qu’à être saisi.

S’oublier.
Car la réalité est plus belle que le masque dont on la recouvre.

S’oublier.
Car trop occupés à compter les jours de nos errances, nous devenons aveugles aux souffrances d’autrui.

S’oublier.
Car dans l’oubli de notre ego, un instant, nous renaissons au monde. Nous entendons à nouveau les cris de notre cœur, étouffés, et en lui résonnent plus forts les hurlements de cet autre, oublié. L’opprimé, l’orphelin, le désespéré, l’abandonné. Ces cris que le monde recouvre dans sa course à la folie effrénée.

S’oublier, alors, pour se souvenir.

S’oublier, s’oublier pour se retrouver en soi, en l’autre, en l’univers.
S’oublier pour s’élever, ne pas couler, se dépasser.
S’oublier pour revivre, goûter à la liberté à nouveau.
S’oublier pour comprendre qu’au-delà de notre personne il y a un monde, vaste et sublime, qui nous attend. Et dans cette découverte, enfin saisir son rôle et se présenter dans la danse solidaire pour apporter sa lumière dans la lutte contre les ténèbres. Nous avons tous énormément à offrir, mais pour cela il faut que nous cessions de nous renfermer sur nous.

Ils comptent eux aussi… Les oubliés.
Faisons notre possible pour que leurs comptes prennent fin et qu’ils retrouvent les leurs.

Gitmo/Quwayt

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