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Ahmed Belbacha, croquis par Molly Crabapple

Ahmed Belbacha, détenu algérien de Guantanamo, a retrouvé la liberté il y a quelques jours.
Il avait pour la première fois été déclaré libérable sous l’administration Bush en 2007, mais comme bien d’autres dans son cas, il a dû attendre encore nombre d’années avant d’enfin goûter à ces biens inestimables qu’on lui avait enlevés : la liberté, le respect, l’honneur, la vie.

Polly Rossdale, directeur adjoint de l’équipe Guantanamo de l’ONG Reprieve a déclaré :

« Les 12 dernières années dans la vie d’Ahmed démontrent combien l’irrespect des procédures de justice transparente ayant fait l’épreuve du temps est dangereux pour chacun d’entre nous. Le Gouvernement US a été satisfait d’arrêter et détenir Ahmed pendant plus d’une décennie, sans même lui donner la chance de répondre à ces accusations infondées. Nous saluons les efforts qui sont désormais accomplis – quelque tardifs soient ils – pour corriger une partie de ce mal, et pour retourner chez eux des prisonniers qui n’auraient jamais dû subir de tel cauchemar en premier lieu. »

Ahmed, qui était parmi les détenus engagés dans la grève de la faim, avait déclaré l’an passé que le confinement solitaire était utilisé comme punition pour les prisonniers ayant tenus des déclarations à portée politique – traitement parmi autres mesures secrètes employées par les gardes pour briser l’esprit des détenus.

Ahmed avait été capturé au Pakistan en 2002 puis déporté à Guantánamo où il subit violents interrogatoires, tortures physiques et morales. Il fut privé de l’occasion de faire ses adieux à sa grand-mère qui décéda lors de sa détention.

Il avait initialement fuit l’Algérie où il avait reçu des menaces de mort du GIA et s’était rendu en Angleterre. Ne disposant pas du permis de demeurer, il quitta la Grande-Bretagne pour se rendre au Pakistan puis en Afghanistan, suite à quoi son long calvaire commença. Bien qu’il fut déclaré libérable sous l’administration Bush puis Obama, qui reconnurent qu’il n’avait absolument rien d’un terroriste, Ahmed était bloqué car il n’y avait pas de pays pour accueillir sa libération. Il risquait une sentence de 20 années d’emprisonnement en Algérie pour avoir parlé contre le Gouvernement, mais l’Algérie finit par accepter son rapatriement. 

Nous prions pour qu’il puisse se reconstruire, qu’il retrouve paix et sérénité et nous prions pour le restant des détenus à Guantánamo.

Il reste désormais 154 détenus.

 

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