Communiqué de presse de CAGE, 25 Février 2014.

(Londres) CAGE est outré par l’arrestation de notre porte parole (directeur des actions extérieures), Moazzam Begg. Ancien détenu de Guantánamo Bay, il a mené campagne pour le procès équitable et les droits humanitaires des victimes, bien qu’il ait lui-même souffert pendant trois années les tortures et mauvais traitements du gouvernement US avec la complicité des services de sécurité britanniques.

Cette dernière opération vise à assurer que tout voyage en Syrie soit considéré suspect. Cela fait suite à une campagne concertée d’harcèlement contre les personnes et organisations musulmanes impliquées dans l’aide humanitaire aux victimes de la crise syrienne. Moazzam Begg n’est qu’une personne de plus, concernée par la catastrophe humanitaire en Syrie, à avoir été qualifiée de terroriste. Le but est d’intimider et diffamer la large communauté Musulmane afin de les empêcher de délivrer les aides hautement nécessaires au peuple syrien.

Moazzam est une personnalité internationalement reconnue pour ses apports aux questions liées au procès équitable et aux droits de l’homme. Son plaidoyer en faveur des détenus de Guantánamo Bay a été mondialement reconnu, résultant dans l’acceptation de plusieurs gouvernements à accueillir les détenus qui ne pouvaient être renvoyés dans leurs pays d’origine.

Cerie Bullivant, Agent Médiatique de CAGE a dit :

« Moazzam a été très ouvert au sujet de ses déplacements internationaux et de ses objectifs, dont l’important dévoilement de la complicité britannique dans la remise illégale de prisonniers et dans la torture. La période de l’arrestation de Moazzam, lorsque l’on prend en compte son voyage en Syrie en Décembre 2012, nécessite une explication détaillée. Cette période coïncide avec la parution prévue d’un rapport de CAGE sur la Syrie et un dossier majeur d’informations qui devait être télévisé sous peu. A l’instar de David Miranda, il semblerait que tous ceux qui s’engagent dans la dénonciation d’abus de pouvoir deviennent des cibles et sont calomniés afin d’empêcher la révélation de preuves vitales. »

« Nous sommes également préoccupés par le fait que la Police et les services de sécurité recourent au large cadre des lois antiterroristes et les appliquent à la Syrie afin de créer un précédent qui rendra illégitimes des activités légitimes. »

Asim Qureshi, Directeur des recherches à CAGE a dit :

« CAGE appelle tous les défenseurs des libertés civiles et de l’Etat de droit à se lever et manifester contre la sérieuse atteinte portée à une victime de plus. Le message peut déranger ceux qui cherchent à couvrir leurs méfaits dans le secret, mais cela ne peut jamais justifier une attaque sur les messagers. »

« Nous sommes écœurés que Moazzam Begg soit à nouveau traumatisé avec la même culpabilité par association, accusations qui aboutirent à son incarcération illégale à Guantánamo Bay.

Nous soutenons pleinement notre collègue et considérons son arrestation comme politiquement motivée et faisant partie d’une campagne de criminalisation de l’activisme légitime.  »

[FIN]

Source : CAGE

Publicités