« C’est aux individus qu’il appartient de se lever pour les principes et moralités lorsque leurs institutions et fonctionnaires refusent de le faire. Le sort de ceux qui sont mutilés ou tués par les politiques de nos gouvernements est inextricablement entremêlé au nôtre : nous devons entendre et répondre à leur cri pour la justice. Nous exigeons la libération immédiate des détenus de Guantánamo déclarés libérables et une fin à la détention indéfinie sans inculpation pour les autres, avant qu’ils ne perdent leur vie. Mettez fin aux crimes de guerre et aux violations des droits fondamentaux ! »

– Message de The World Can’t Wait.

Privés de leur humanité et déportés dans un camp de torture secret, 779 hommes sont passés par Guantánamo. A ce jour, 155 y demeurent encore, sans charges ni jugement. Le 11 Janvier marquait le 12éme anniversaire de l’ouverture de ce centre de détention militaire américain.

12 ans, bien trop !

Il n’y a pas une personne croyant en la justice et la liberté qui pourrait accepter l’existence de Guantánamo. Il nous faut tous œuvrer pour la fermeture de cette prison. Et en ce mois nous vous tendons la main pour vous aider à vous lever et agir.

Ne sous-estimez pas les capacités qui sont vôtres. Nous, en tout cas, y croyons fermement. Saisissez l’occasion de ces actions de sensibilisation pour marquer votre contribution dans la lutte pour la justice et la liberté.

Différentes actions pour différentes personne : l’important étant d’agir.

Le 1er concours a été lancé le 7 Février, pour faire écho au mouvement de grève de la faim généralisé, qui commença le 6 Février 2013, et réveilla le monde sur la souffrance quotidienne de ces hommes. Quant aux autres concours, ils sont annoncés et listés sur cet article… 

Afin que leur cri de vérité sur ce qui se déroule réellement là-bas s’élève à travers le monde et fasse trembler les bases de l’injustice et de la haine, LEVEZ-VOUS !

S

************

Très bref retour sur l’histoire de Gitmo.

Dans leur prétendue « guerre contre le terrorisme », les Etats-Unis se vantèrent d’avoir capturé « les pires d’entre les pires », ceux que le Président Bush qualifia de « combattants ennemis. » Affirmant que le peuple américain était sous leur protection, ils avancèrent qu’il ne leur était nullement nécessaire de connaître le nom de ces détenus ni leur lieu de détention. Mais en même temps que leur capture, des enfants, membres de famille, et connaissances avaient disparu, sans qu’on ne sache où ils se trouvaient.

Le Président Bush avait créé une nouvelle catégorie d’individus : ceux qui étaient tellement dangereux, tellement méprisables, qu’ils ne méritaient pas d’être traités comme des êtres humains. Aussi, le 7 Février 2002, il signa un mémorandum déclarant que la Convention de Genève ne s’appliquerait pas en cette prison cachée.

Les intentions de Bush étaient rendues claires : on pouvait faire de ces hommes ce que l’on voulait. Dans le secret qui couvrait la nouvelle invention de l’Empire, la voie était ouverte à d’inimaginables tortures et hideux traitements.

Ce n’est qu’en 2004, avec l’introduction des requêtes en habeas corpus et la possibilité pour les avocats des détenus de se rendre à Guantánamo, que le secret permettant les plus horribles des tortures se brisa. Un regard extérieur avait enfin pu pénétrer les murailles glaciales de cet enfer de non-droit.

En Juin 2006, la Cour suprême jugea illégaux les tribunaux militaires de Guantánamo et affirma que les détenus avaient droit à un traitement décent.

La même année les noms et nationalités des détenus étaient publiés par le Pentagone. Les disparus étaient enfin situés, et l’on  apprendra que 60 prisonniers détenus sur la base militaire avaient été mineurs.

Subissant de plus en plus lourdes critiques internationales, en fin de son mandat, Bush libéra des centaines de détenus mais se retira sans clore la prison.

Le Président Obama hérita donc de ce sombre dossier et, dès son 2éme jour d’investiture, promit la fermeture de Guantánamo. Il restait alors 240 prisonniers. Il établit le Guantánamo Review Task Force, censé déterminer le sort des détenus, qui recommanda (entre autre) le maintien en détention de façon indéfinie de 48 d’entre eux sous prétexte qu’ils étaient trop dangereux pour être libérés, mais que les preuves n’étaient pas suffisantes pour les juger.

Après cela, ce ne fut qu’excuses sur excuses, mettant toujours un peu plus à jour la grande hypocrisie du Président Obama.

Après la grève de la faim de Février 2013, entamée par les détenus en réaction à leur détention indéfinie et aux humiliations et injustices subies, Obama n’eut autre choix que de donner un discours dans lequel il promit de reprendre la libération des prisonniers, de lever le ban sur la libération des yéménites et désigna deux envoyés spéciaux chargés de travailler avec le Congrès et les autres pays dans un effort de vider cette prison. Depuis 11 détenus ont été libérés.

A ce jour, 155 prisonniers demeurent à Guantánamo, dont 76 déclarés libérables.

Publicités