Est-il vrai ?

Est-il vrai que l’herbe repousse après la pluie ?
Est-il vrai que les fleurs s’élèveront au printemps ?
Est-il vrai que les oiseaux migreront vers leur habitat d’origine à nouveau ?
Est-il vrai que les saumons remontent leurs rivières ?

C’est vrai. Ceci est vrai. Ce sont là des miracles.
Mais est-il vrai qu’un jour nous quitterons Guantánamo Bay ?
Est-il vrai qu’un jour nous retournerons à nos foyers ?

Je prends le large dans mes rêves, je rêve de la maison.
D’être avec mes enfants, chacun d’eux une part de moi ;
D’être avec mon épouse et avec ceux que j’aime ;
D’être avec mes parents,
Mes plus tendres cœurs au monde.
Je rêve d’être à la maison, d’être libéré de cette cage.

Mais m’entendez-vous, ô Juge ?
M’entendez-vous seulement ?
Nous sommes innocents, ici,
Nous n’avons commis aucun crime.
Libérez-moi, libérez-nous, si quelque part encore,
Justice et compassion se trouvent en ce monde !

– Osama Abu Kabir, libéré en Novembre 2007.

© Photo Don Briggs

Andy Worthington nous renseigne sur l’histoire d’Osama Abu Kabir.

Jordanien âgé de 31 ans lors de sa capture, Abu Kabir a été l’un des plus clairs exemples d’un naïf jihadiste-en-devenir, qui ne leva jamais un doigt contre les Américains.
Conducteur de métier – vendant également des vêtements avec son épouse depuis leur foyer – il confia à son comité d’examen à Guantánamo qu’il avait voyagé à Raiwind, au Pakistan, pour la conférence annuelle de la vaste organisation missionnaire globale de Jama`at-al-Tablighi (considérée comme front pour le terrorisme selon les autorités US, bien que comptant plusieurs millions de membres). Il passa ensuite un mois à prêcher, lorsqu’il fut soudainement converti à l’idée de jihad du fait de « l’émotion et de l’excitation du peuple afghan » lors d’une manifestation qu’il croisa inopinément. “Ils brandissaient tous des pancartes, avaient des écriteaux sur leurs T-shirts,” déclara-t-il. “C’est leur amour que je vis. Je peux vous l’expliquer, mais vous ne pourrez comprendre ce que j’ai ressenti ce jour.”

Il expliqua toutefois que malgré cette conversion à l’esprit de jihad, il ne prit jamais les armes, “ne rencontra jamais un membre des Taliban, d’al-Qaeda ou de tout autre groupe,” et qu’il fut capturé par l’Alliance du Nord à Jalalabad, où il fuit après son arrivée à Kabul, deux jours précédant la tombée de la ville, et fut emprisonné pour quatre mois et demi à Kabul avant d’être livré aux Américains.

En 2007 il fut libéré.

Retrouvailles d’Abu Kabir avec ses fils…
Qu’ALLAH les bénisse.

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