Nabil Hadjarab un nom peut-être encore trop inconnu…

Né en Algérie en 1979 et ayant grandi en France, Nabil Hadjarab fait parti des 86 détenus déclarés libérables mais encore retenus à Guantánamo. 

Dans le cas de certains prisonniers se pose la question du traitement qui leur serait réservé s’ils étaient renvoyés dans leur pays d’origine. C’est en effet de nouvelles tortures et mesures d’emprisonnement qu’ils risquent dans certains Etats (à l’instar de la Chine, de l’Algérie, de l’Arabie Saoudite…) et pour nombreux détenus la question d’un pays d’accueil a été soulevée. Moazzam Begg s’est ainsi dirigé vers différents pays (dont le Luxembourg) pour leur demander d’accueillir certains détenus… Mais dans le cas de Nabil Hadjarab, la question ne devrait pas se poser, étant donné qu’il a grandi en France, pays pour lequel sa famille a montré une grande fidélité.

C’est à cette fin que son oncle a ouvert une pétition que nous vous invitions déjà à signer. Face à l’état critique de son neveu, Ahmed Hadjarab a renouvelé l’appel invitant chaque personne à partager la pétition sur les réseaux facebook. Il disait en substance :

« Je vous écris aujourd’hui car Nabil a décidé de se mettre en grève de la faim. Il est maintenant alimenté de force deux fois par jour, isolé et placé en « surveillance pour risque de suicide » depuis une semaine. Il a plus que jamais besoin de nous.
Nabil a parlé à son avocate de l’association Reprieve mercredi dernier. J’ai souhaité vous faire parvenir quelques mots de son douleureux témoignage:

« J’ai entamé cette grève de la faim parce que j’ai perdu tout espoir de sortir d’ici. J’ai perdu environ 20kg. Aujourd’hui, je ne peux quasiment plus marcher. (…) J’ai été nourri de force. Ils vous placent sur une chaise, qui ressemble à s’y méprendre à une chaise d’exécution électrique, vos jambes et vos épaules sont sanglées. Si vous refusez de les laisser insérer le tube dans votre narine, ils vous tiennent la tête en arrière. (…)Je veux rentrer chez moi, en France. »« 

Vous retrouverez la pétition — ici — et nous vous laissons sur une présentation de Nabil Hadjarab que vous pourrez consulter entièrement à ce lien. 

manifestation de soutien

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Nabil Hadjarab rêve de rentrer en France, le pays dans lequel il a grandi. Il a passé onze ans pénibles dans le centre de détention de la Baie de Guantánamo. Il n’a été inculpé d’aucun crime et n’a eu droit à aucun procès. En 2007, les autorités américaines ont confirmé qu’il ne présentait aucune menace pour quiconque. Les agents responsables de son interrogatoire l’avait, en réalité, déjà informé de la confusion de son identité avec celle d’un autre homme: sa détention est une erreur. A ce jour, Nabil demeure néanmoins toujours à Guantánamo.

Capture et Emprisonnement

Il arrive en Afghanistan en Mars 2001 pour y étudier, quelques mois seulement avant les attentats du 11 septembre puis l’invasion menée par les Etats-Unis. Apeuré par des rumeurs selon lesquelles les Américains rechercheraient activement tout homme arabe il tente de fuir vers le Pakistan mais est blessé par une bombe.

Alors qu’il est à l’hôpital de Jalalabad, il est vendu aux américains qui offraient alors des primes de 5000$ pour la capture d’hommes arabes. Bien qu’il n’ait jamais participé a un camp d’entraînement, et n’a aucun lien avec quelque groupe terroriste, il est capturé par des afghans, torturé puis livré aux américains qui le transfèrent à Bagram puis a Kandahar où il est à nouveau torturé, et interrogé. Maintes fois, au cours de séances de tortures, des interrogateurs américains lui disent qu’ils sont tout à fait conscients qu’il est simplement victime d’une erreur d’identité. C’est cet épisode à Bagram qui est souvent décrit comme ayant été le plus pénible pour Nabil. Au début de l’année 2002, il est envoyé à Cuba, menotté et le visage recouvert.

A Guantánamo, Nabil a subi toutes sortes de tortures et traitement inhumains, allant de la privation de sommeil, aux températures extrêmes en passant par l’isolation prolongée. Durant des années il n’a eu accès qu’occasionnellement à la lumière du jour et aux soins médicaux. Son quotidien : une minuscule cellule en métal, sans fenêtre. Il n’a jamais pu recevoir de visite familiale et n’a eu, jusqu’à maintenant, de contact téléphonique avec ses proches qu’à de rares reprises au cours des onze dernières années. Nabil n’a jamais été condamnée, aucune charge n’a été maintenue contre lui, il n’a jamais eu de procès.

En 2007 Nabil est déclaré libérable par les américains, ce qui confirme qu’il n’est pas considéré comme représentant une menace pour quiconque.

En dépit des souffrances qu’il a endurées, Nabil a toujours eu un comportement exemplaire à Guantánamo. Un garde de la prison l’a décrit comme étant “un artiste brillant, féru de football, et un jeune homme charmant.”

Espoir de retour en France

Nabil rêve aujourd’hui de devenir traducteur ou interprète, afin de faire usage de ses excellentes compétences linguistiques. En effet il parle couramment le français et l’anglais et un arabe de base. Il souhaite aussi pouvoir se marier et fonder une famille un jour.

Le temps est venu pour la France de soutenir un homme dont l’histoire le rend bien plus français que son passeport le laisse entendre. Il serait éternellement reconnaissant à ce pays qu’il aime. Pour lui ceci signifierait simplement la fin d’un trop long calvaire.

– Pétition à signer et transmettre –

– Plus de détails sur Nabil Hadjarab –

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