2012. Je suis une enfant de ce siècle. Super.

Internet, jeux vidéos, portables, tout ça je connais. Mes copines aussi d‘ailleurs. Puis, nous avons presque toutes le même téléphone ; enfin, si ce n’est la même marque, on y retrouvera toujours les mêmes fonctions… Oblige ! Comment s’en passer ?
Ne suis-je pas une enfant de ce siècle ? ;)

Nous échangeons souvent sms, email, poke et message sur les réseaux sociaux. C’est rapide, efficace. Nous savons tout les unes des autres, puisque nous affichons tout (ou presque) ! Nos livres préférés, nos films préférés, nos lieux et voyages préférés, nos marques préférées, nos produits préférés, nos images préférées… C’est ce qui fait de nous ce que nous sommes… non ? Mes copines me connaissent… et ça, c’est vraiment chouette !

Hmmmm laissez-moi réfléchir … En fait, non !

Je suis une enfant de ce siècle, mais j’ai envie de ne plus me laisser endormir.
Ce que j’aime, les auteurs, les livres, les citations… ce n’est pas ce qui fait ma personnalité. Cela reste un indice, certes, mais mon être ne peut se limiter à cela !
Une belle phrase d’amour ne fait pas de moi une amoureuse. Une belle phrase de paix ne fait pas de moi une pacifiste. Une profonde sagesse partagée, ne fait pas de moi une sage ; et les mots de Socrate ne font pas de moi une philosophe grecque antique (heuu… erreur sur l’époque là tout d’même !).

Seulement, personne ne le remarque.
Au siècle que je vis, ce que j’affiche de mes goûts représente pour le monde ce que je suis.
Et plus les gens en savent, mieux je m’en porte.
D’ailleurs, on finit même par y croire… Sur facebook, on se sent obligé de « liker » à tout va lorsque l’on voit une chose que « l’on aime »… puis on commente : « j’aime j’aime j’aime parce que je je je! » ou : « ben moi j’aime pas parce que je je je » etc.
Et cela parce que l’on a l’intime conviction que c’est là une part de nous, de notre être, de notre identité. Ouuuuf il faut le dire, vite !
Cela peut-être vrai. Mais a-t-on si peur d’être « dépossédé » de cette part de nous, au point où l’on ressent le besoin de crier au monde ce que l’on aime ?

Nous définissons-nous par ce que nous consommons ?
Et… serais-je alors un simple………………………consommateur ?

A y songer, j’ai l’impression que ce système s’est emparé de notre cerveau, l’a pressé comme un citron pour en tirer tout le jus du discernement. Comment m’appellera-t-on si je décidais de complètement m’écarter ? Une marginale ?

Être normal est-ce nécessairement s’imposer continuellement de nouveaux besoins, tels l’acquisition du portable tactile avec toutes ses brillantes fonctions ? C’est utile ? Pratique ? Peut-être… mais certainement pas nécessaire !
Être normal, c’est acheter les chaussures ultra moches qu’ils vendent en magasin car quelqu’un qu’on ne connait même pas a décidé que cette année telle sera la mode, alors qu’il n’y a pas si longtemps encore on les trouvait complètement ringardes ?
Quand nous étions petites, nous avions honte de porter des « chauffes oreilles » , cette sorte d’écouteurs nounours pour l’hiver, mais aujourd’hui on les retrouve dans les magasins branchés, et ce sont jeunes filles et femmes adultes qui les portent, celles qui autrefois pleuraient pour s’en débarrasser.

Quant aux pensées et penseurs, vouloir que tout le monde sache qui et quoi l’on aime, n’est-ce pas une fois encore mieux définir la cible d’une prochaine « consommation » ?
N’oublions pas que nous sommes en 2012, et que l’un des principaux outils de « communication » est le net.
L’ensemble des relations sociales a été modifié. Nous ne sommes plus sur le même modèle.

A l’époque, c’est nous qui nous rendions vers l’autre pour découvrir sa couleur préférée, son auteur ou livre préféré, son odeur préférée, sa fleur préférée… et quel bonheur c’était de découvrir cela.
Aujourd’hui, plus la peine d’approcher l’autre pour le découvrir, plus la peine de nous approcher pour nous découvrir : nous affichons tout dès le départ, ou le crions sur tous les toits. Nous avons besoin que le monde sache, parce que sinon …
Ah et les fameuses questions : « que sais-tu de moi ? » ou « qui me connait le mieux ? » avec les « ce que j’aime, ce que je n’aime pas, etc. » semblent si vitales pour certains.

Cela fait certes plaisir que l’on connaisse nos goûts… Mais qui a besoin de le savoir ? Nos quelques proches, ou le monde entier ?
Quelle part donner aux choses dans cette ère de consommation où l’on expose tout de nos connaissances, nos préférences, nos goûts ?

Me, myself and I … ou le culte de l’ego en proie à la consommation.
Mais au-delà de tout cela, où me situé-je ?

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